Athénaïs Debove, le blog officiel

02 août 2016

Sans titre 1.

fruit-lips-Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller demain. Je ne veux pas aller travailler et le voir. Je ne veux pas arriver au boulot et le voir. Pourtant, je ne pense qu'à ça ; le revoir. Mon être, aimanté par sa présence, par son regard qui appuie le bouton "on" de mon shaker instestinal et presse mon coeur comme un agrume dès que mes yeux s'électrisent face à ses prunelles couleur de noix, mon être refuse et réclame sa présence. Je les voudrais toutes à moi, ces deux lèvres petites, étroites, boudeuses, collées à ma bouche par le nectar d'une glande parotide, fondues dans ma pulpe, bues et dévorées tout à la fois. Je rêve de me blottir sous cette chemise claire et déboutonnée, je rêve de devenir son seul vêtement de la nuit, emprisonnant de mes bras ce corps chaud qui me soufflerait à l'oreille des mots d'amour et de poète, des histoires d'auteurs, des phrases sans queue ni tête, tiraillant mon coeur, troublant ma tête. Juste l'âme d'un homme dans ma vie. Juste un parfum de phéromones au sein de mon lit. Ne se détacher l'un de l'autre, ne sortir du rectangle aux rêves que pour lire et écrire. Puis se retrouver, s'unir, aussi naturellement, essentiellement, que la plume se précipite sur la papier, faisant couler l'encre du plaisir.

Pourtant... Si l'aimant attire, il repousse plus violemment encore. Les signaux sont pipés. Une flamme dans l'oeil, deux incisives mordant une lèvre, un estomac aux airs d'ascenseur fou qui se cogne au plafond du coeur pour se jeter en un dixième de seconde dans les profondeurs du ventre, tout cela ne veut rien dire. Tout cela ne signifie plus que l'on plaît ou que quoi que ce soit pourrait se passer. Au XXIème siècle, le jeu est d'allumer les chandelles sans s'en brûler les ailes. Faire souffrir est visiblement devenu plus intéressant que faire jouir. 

Posté par athenais-debove à 22:32 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


19 juin 2016

Le Japonais

11988773_10207699401145715_6023593693248166378_n

Je voulais aller à Tokyo avec toi.

Je voulais y boire du Saké jusqu'à ce que mon ventre en brûle.

Je voulais voir les lumières des buildings se refléter dans tes yeux alors qu'on déambulerait main dans la main, en pleine nuit, dans cette capitale qui ne dort jamais.

Je voulais que l'on soit les deux touristes qui s'enlacent dans le métro alors que chacun se tient coi.

Je voulais me gaver de civilisation du bout du monde, de sushis et de rituels du thé.

Je voulais te faire l'amour dans un hôtel cinq étoiles sur un lit de la taille de mon studio, face à cette ville dominée par le Fuji pointant éternellement son téton glacé au loin.

C’était l’un de mes rêves et je te l’avais envoyé en mots. Tu n’y avais jamais répondu.

 

Sept mois après, qu’en restait-il ? Rien. Un fantôme dans mes bras, un souvenir dans ma tête, une douleur dans mon cœur et l’espoir disparu. Tu étais là-bas, j’étais ici. Plus que les kilomètres, c’est ton silence qui nous séparait. J’avais beau rêver d’un stupide avion te ramenant à moi, mon amour finissait toujours par jouer les terroristes, tuant la moindre affection que tu pouvais encore me porter.

Si j’avais l’espoir que tu me ramènes un porte-bonheur japonais, peut-être était-ce pour me protéger de moi-même ?

Mais il ne fallait pas y compter. Tu étais L’Etranger

 

A.D., le 19/6/2016, Guemps.

Posté par athenais-debove à 15:15 - - Commentaires [1] - Permalien [#]

08 mai 2016

Extrait de Totenbaum

Comment Albert rencontra Louise.

 

$_35

            Le moteur tourne encore pour que l’habitacle de la camionnette ne se refroidisse pas. Parce que ces hommes détestent le froid qui est une atteinte à leur grandeur. Parce que ces hommes détestent de manière globale tout ce qui les contrarie.

Albert, resté seul, décharné, les doigts comme des baguettes tordues de noisetier s’agrippant au volant pour éviter qu’elles ne trahissent sa peur viscérale d’un tremblement, n’entend pas le ronflement de la carcasse garée au milieu de nulle part, au bord d’une forêt, le long d’une route de campagne peu empruntée. Le bruit de son cœur, le son du sang dansant autour de sa cervelle abrutissent tellement ses tympans que tout écho extérieur à lui-même, à cet instant précis, n’existe pas.

Ce moment en or, c’est la deuxième fois qu’il y a droit. Mais la première… C’était une chance qu’il soit encore en vie… Si l’on pouvait appeler cela vivre. Et pour combien de temps ? Qu’est-ce qui le tuerait en premier ? La torture ? La faim ? La maladie ? La folie ? L’état de proie, de jouet, dans lequel on l’avait poussé à coups de bottes ?

            Poser le pour et le contre. Pas le temps. Penser ou agir. Choisir. A ce moment, Albert n’est plus un homme. Il est ce qu’on veut qu’il soit : une bête traquée, poussée par l’instinct de fuite, de survie. Les pulsations cardiaques raisonnent jusque dans ses os, comme la détonation de tirs de canons, en continu ; pas d’une vitesse exagérée, mais avec une force qu’il a peu connue.

Son pied devient boulet sur la pédale d’accélérateur, sa main droite se décroche pour se souder à la boîte de vitesses, jamais le fourgon n’a fait une telle embardée, il semble presque que le feu va rugir du pot d’échappement.

            Mais ça, Albert ne l’entend pas non plus. Parce qu’il est loin déjà et que sa gorge vomit un hurlement inconscient et profond, un cri de victoire et de liberté, celui de l’homme qui vient d’échapper à un massacre, qui a berné le diable, qui croit soudainement revenir à la vie après avoir été des mois durant sur les genoux de la Mort, le couteau sous la gorge.

L’adrénaline fait pétiller un éclair dans ses prunelles grises et bientôt, c’est son rire qui crépite dans l’habitacle : il ne les a pas vus, trop tétanisé pour tourner son regard vers les vitres, pourtant il imagine sans peine les deux Allemands qu’il devait conduire à la frontière française, ces deux cons accroupis, l’uniforme kaki aux chevilles, en train de chier cul nu dans la neige assez récente, qui n’a pas encore fondu dans les fourrés, sans arme, sans moyen de communiquer, sans rien, seul le vide entre leurs oreilles et autour d’eux, vociférant dans leur langue hachée, le poing en l’air et le second tenant leurs culottes, enragés d’avoir été dupés par une sous race, par un Juif, qui vient de leur échapper.

 

Incipit de Totenbaum, manuscrit en cours, Athénaïs Debove.

Posté par athenais-debove à 17:38 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

03 mars 2016

Les Louise Du Nord

Un article paru dans le mensuel Echo62 du Pas de Calais, un petit article concernant le prix que j'ai reçu il y a deux ans et qui me cite en rappel! 

 

IMG_0557

Posté par athenais-debove à 13:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

24 février 2016

Quand c'est?

Source: Externe

 

Ça mange tes os; ça ronge ton sang. Ton coeur n'est plus qu'une mécanique dont les pièces rouillent et ne peuvent être réparées, changées, parce que le mal fait carapace autour de cette pompe qu'on ne peut donc pas soigner. Le poison grignote tes heures, ta vie, ton corps, ta joie et tes espoirs. Les nôtres aussi.

Qu'as-tu donc fait au sort, au ciel et anx anges pour mériter une telle peine? Depuis l'enfance, tu as offert ton temps, ta patience, tes bras. Tu as sacrifié ta jeunesse, ton insouciance et ton âme pour donner de l'amour à ta famille, à notre lignée, encore et encore, toujours, toujours plus, cimentant la tendresse folle et démesurée que je ressens pour toi depuis mon premier jour. Pourquoi, alors, dois-tu souffrir, tandis que certains monstres s'éteignent avec une douceur qu'ils ne méritent pas?

Pourtant, malgré le venin desS cancerS qui s'accumulent dans tes cellules, tu restes cette femme forte, belle et souriante que je ne serai jamais. Tu es plus courageuse que moi face à tout cela, moi et mon estomac qui se dévore lui-même, et mes yeux qui ne savent plus se fermer de jour comme de nuit tant ils contiennent de larmes à l'idée que tu ne seras plus éternelle.

Tu es mon modèle, une part de moi considérable, essentielle, je ne suis pas prête à t'imaginer partir avec des ailes...

 

A.D., Malakoff, le 24/2/2016.

Posté par athenais-debove à 18:06 - - Commentaires [3] - Permalien [#]


11 janvier 2016

Neuf vie, neuf morts.

john-heywood

Idiote. C'est une sombre idiote au coeur d'artichaut. Abrutie. Un sexe n'est pas un coeur,ce n'est pas parce qu'on offre le premier que c'est un don du second. Elle meurt. En dedans. Peut-être que ce n'est pas une mort physique. Pour l'instant. Peut-être que comme les chats, elle a neuf vies. Qu'au bout de neuf chagrins d'amour, elle ne respirera plus. L'âme s'envolera de sa bouche parce que toutes les chances qu'elle a accordées à ces hommes ne reviendront plus. Plusieurs hommes. Quatre chagrins d'amour en somme. Est-ce que pleurer deux fois pour la même personne utilise deux "chances"? Est-ce qu'elle trouvera celui qui l'aimera avant son échéance?

Elle voulait que ce soit toi. Parce que tu lui correspondais trop bien. Point par point. Parce que ton corps lui faisait du bien. Parce que tes mains lui faisaient du bien. Parce que ta bouche lui donnait faim. Que ta peau la rendait zinzin. Comme ces romantiques cannibales, elle aurait voulu te manger pour être certaine que jamais personne ne t'aimerait mieux qu'elle. Elle voulait te sentir en elle, lieu où tu renaissais. Reviens... Home sweet home. Tu recherches le foyer dans lequel tu étais si heureux. Viens en elle encore une fois. Elle te protégera, elle t'aimera comme on ne t'a jamais aimé. Elle te le promets. 

Tu ne veux pas être en couple parce que cela prend du temps, mais elle peut s'adapter à ce que tu veux. Elle n'est pas une fille comme les autres, tu l'as dit toi-même. Elle est l'amoureuse, la tendre, la boulimique d'amour et de caresses. Elle ne demande qu'un message par jour, une soirée par semaine, ton corps et le sien mélangés, gémissant, cuisine de vos chairs dont elle raffole tant du goût. Il n'y a qu'ainsi qu'elle puisse vivre. Elle ne demande pas grand chose alors qu'en échange, elle a tellement à offrir. 

Elle veut encore respirer ton cou au réveil, sentir ton sexe dans ses tréfonds endormis. Elle veut marcher sur la pointe des pieds dans cette chambre mal rangée parce que c'est ainsi qu'elle l'aime. Et c'est là-dedans qu'elle t'aime. Si tu ne l'embrasses pas, elle va mordre ses propres lèvres, croyant qu'elle suce les tiennes. Mon Dieu... Elle ne peut renoncer à ça. Ta main dans la sienne... Ton corps nu serrant à en étouffer le sien. Pitié, fais semblant, elle t'en conjure. 

Douleur. Vague de chagrin la parcourant des pieds à la tête en même temps que les sanglots dans ses veines. 

Jamais il ne reviendra ici. Jamais il ne la reverra nue. Jamais plus sa bouche mouillée ne se posera sur sa nuque. Jamais ses mains glisseront à nouveau sur son corps. Jamais plus elle ne sentira son torse contre son dos, chaud, serré, une nuit entière. Comment va-t-elle survivre, voilà la question qui tourne en boucle dans son crâne. Une fois de plus, elle s'est inventé une drogue sans laquelle elle vivait presque normalement. Et à présent, elle ne peut plus respirer lorsqu'il est loin d'elle. Le mal est lancinant. Elle est ce drogué qu'on a attache à un lit et qu'on laisse là, à hurler sa souffrance sans que l'on n'y prenne garde. Pour elle, la prison est partout où il n'est pas.

 

A.D., Malakoff, le 11/12/2015.

 

 

Posté par athenais-debove à 12:03 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

31 décembre 2015

Catwoman

Source: Externe

Je félicite mon chat quand il pisse, je hurle quand il chie. J'ai un problème.

Je lui parle comme s'il allait me répondre, je lui laisse même toujours un temps que j'imagine suffisamment long pour une phrase éventuelle, puis j'enchaîne.

Vivre seule me grignote les neurones. Parfois, quand l'animal miaule, je me surprends à faire de même; je me place à son niveau. Je regarde ses grands yeux verts et sa tête minuscule, je les fixe comme s'ils allaient se mettre à clignoter comme des guirlandes de Noël; et je me mets à pleurer. Parce que je suis pitoyable. Parce que je me demande s'il est possible de régresser quand on a pour seule compagnie une bestiole qui vous donne son coeur alors que les seules choses que l'on puisse partager avec elle sont des jeux qui L'amusent, des mains qui LA protègent, des doigts qui LA nourrissent. Pourquoi les liens entre les hommes ne peuvent-ils être si simples? 

 

A.D., Guemps, le 31/12/2015.

Dessin : Lukas Brezak

Posté par athenais-debove à 15:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

23 décembre 2015

Réflexion

tumblr_mkca1fRYUf1rdek3bo1_500

Se poser pour écrire. Un instant. Sans sujet particulier en tête. Sans pleurs pour dissoudre l'encre, sans joie pour donner de l'énergie à la plume. Juste pour le plaisir du reflet bleu sur le papier, pour la douceur du bruit du crayon grattant la feuille, pour sentir ses muscles se contracter et les mots couler de l'oreille aux doigts.

Rien n'agite mon coeur. Repos ou mélancolie? Expirer donne chez moi une série de soupirs. Je ne crois plus en rien, surtout pas aux rêves conduisant au bonheur. Les paillettes ne m'impressionnent plus, elles sont des bulles de champagne qui disparaissent en s'éventant au fond d'un verre. L'amour réciproque n'existe pas, on aime que ce qui nous fuit, on est aimé que par ce que l'on fuit. Tendresse et passion. Mesure et déraison. Faut-il faire courir ce après quoi l'on court? Et quand l'autre n'a plus l'envie de venir vers vous, que faut-il faire? Quand la fin est annoncée avant le commencement, est-ce que cela vaut-la peine de s'aimer quand même?

 

A.D., Paris, le 28/10/2015.

 

Image : http://un-fusil-sans-cartouches.tumblr.com

Posté par athenais-debove à 18:47 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

16 décembre 2015

Le soir de Noël, j'avoue tout!

Source: Externe

Ma petite participation juste pour le plaisir d'écrire quelques lignes au concours organisé par Nova Planet ici : http://www.novaplanet.com/novamag/54602/15-decembre-un-concours-de-nova-nouvelles

Sujet : "Le soir de Noël, j'avoue tout." 

Format : Une page Word maximum.

Le soir de Noël, j’avoue tout,

 

Athénaïs Debove.

 

On était là, en famille, autour de cette table débile garnie de bougies qui entremêlaient leur fumet à celui de la dinde rituelle ; autour de cette table débile où les étoiles pétillaient plus dans les verres à champagne que dans les yeux de ceux qui partageaient mon sang. Honnêtement, chaque année, c’était notre corvée : le repas de Noël. On se faisait un devoir d’y assister parce que la grand-mère aurait fait une crise cardiaque qu’il manque un seul de ses descendants, répartis par ordre de taille à sa droite ou à sa gauche. Elle aimait se prendre pour Jésus tous les 25 décembre, et à son âge, il fallait bien lui accorder ce petit plaisir.

Une fois, l’entrée gobée, chacun de mes cousins et moi-même étions forcés de parler de notre vie. Peut-être était-ce une ruse pour savoir si nous avions bien avalé les huitres et que ces dernières ne s’amusaient pas à nous remonter dans le gosier pour nous rouler des pelles. D’ordinaire peu loquace, cette fois, j’avais décidé de jouer carte sur table. Ah ! Elle voulait que j’avoue mamie, elle allait être servie. Ce qu’elle appréciait le plus, c’était quand on parlait de nos amours.

J’écoutais les autres docilement, sans pouvoir effacer le sourire de mon visage. Ce que je leur préparais… J’allais surprendre !

J’entendis alors mon prénom : « Et toi Sam, un petit copain ? ». Ni une, ni deux, je démarrai :

-Eh bien… Quelqu’un a pris une place énorme dans mon cœur depuis deux semaines.

La tablée ce tut, riva ses regards vers moi. On n’avait pas l’habitude que j’éprouve quoi que ce soit. « C’est qui ? ». «  On le connait ? ». « Il s’appelle comment ? ». «  Il est comment ? ». «  Pourquoi tu ne l’as pas invité ? ». Les questions fusaient de toute part.

-Il s’appelle Edgar. Il n’est pas grand. Il est…poilu…

-Beurk !, enchérit le plus jeune.

-Oui, de longs poils noirs un peu partout sur le corps, mais si tu savais ce qu’il est bon d’y glisser les doigts… D’ailleurs, en vérité, il est venu avec moi ce soir, je lui ai dit de ne pas bouger de la chambre d’amis tant que je ne vous aurai pas mis au courant.

-Mais enfin, mets fin au supplice Sam, avoue nous qui il est !

Sans ajouter un mot, je me levai et me dirigeai vers la porte qui cachait jusqu’ici mon mystère. Je l’ouvris, et sans attendre, ce que je chérissais le plus sur cette planète s’élança dans mes bras ouverts.

-Je vous présente Edgar.

-Mais c’est un chat !

En effet, s’en était un. C’était mon cadeau de Noël, ma surprise. On s’attendrit dessus. Quant à ma grand-mère, elle prit l’air pincé de celle que l’on a roulé dans la farine. Il faudrait désormais se méfier de ce que l’on voulait me faire avouer. 

Posté par athenais-debove à 21:19 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

15 novembre 2015

Vendredi 13

Source: Externe

Il faudrait écrire sur cette journée. Mais comment être juste, devant l'horreur? Comment trouver les mots quand seuls les pleurs peuvent commenter les faits?

Je n'étais pas là quand c'est arrivé. Mais j'ai vu, j'ai lu, des témoignages, des images, qui semblent venir tout droit d'un pays en guerre. J'ai respiré la peur des gens, le désir de vivre, le courage de ne pas abandonner, ni soi, ni le corps d'un ami, d'une épouse, morts, et qu'il faut traîner sur l'asphalte, dans l'urgence, parce qu'on espère un miracle, parce qu'on espère que ce n'est pas vrai, que le sang va s'arrêter de couler, que les yeux vont s'ouvrir à nouveau et la bouche s'arrondir.

J'ai entendu les cris affolés d'un public dont les mouvements s'entrechoquent les uns aux autres, dont les jambes ne portent pas assez vite, dont les jambes lâchent quand le coeur se troue.

J'ai ressenti l'union d'un groupe prisonnier, d'un peuple menacé, d'un pays choqué, attristé, qui, loin de crier vengeance, hurlait qu'il fallait s'aimer. Plus vite. Plus longtemps. Pour toujours.

La France était mon pays, et je refusais de trembler entre ses bras.

 

A.D., Paris, le 14/11/2015.

Posté par athenais-debove à 14:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]