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L’être dont je tombais amoureuse devenait ma drogue, mon shit à temps plein. Me priver de lui, c’était forcément donner naissance au manque, à une douleur grandissant de jour en jour, d’heure en heure. D’abord, on m’annonçait que j’en serais écartée à vie, d’où les cris et la peur de ne jamais m’en sortir ; puis venaient les hurlements de protestation, puisqu’alors je n’aurais plus l’illusion d’être heureuse à ses côtes, le protégeant de mes bras, vantant ses mérites tout en voulant ne le garder que pour moi.

Ensuite, arrivaient massivement le mal dans la poitrine, le déchirement en pensant à tous ces merveilleux souvenirs en sa compagnie, dont plus aucun nouveau ne viendrait s’ajouter aux autres, me laissant seule avec des pensées, roses de les avoir vécues, noires de les avoir perdues.

Mes lèvres bavaient un filet de bulles collantes, flatulences du trio douleur-haine-peur qui rongeait mes intestins, grignotait mon estomac et digérait mon cœur. Ma tête claquait sur le mur en un rythme s’accélérant comme des palpitations, espérant tout oublier, mais surtout tout effacer, tout faire sauter, comme de l’eau sur un circuit électrique, une bombe en pleine ville, une balle sur la tempe, BOUM !

S’il n’y a plus de cervelle, il n’y a plus son image, son visage, sa bouche comme une grosse cerise, ses narines en amandes et ses yeux immenses qui me lancent des appels. S’il n’existe plus, alors moi non plus.

 

A.D., Guemps, le 4/9/2015.

 

Photo : photograaphie-a-z.skyrock.com