Source: Externe

 

Ça mange tes os; ça ronge ton sang. Ton coeur n'est plus qu'une mécanique dont les pièces rouillent et ne peuvent être réparées, changées, parce que le mal fait carapace autour de cette pompe qu'on ne peut donc pas soigner. Le poison grignote tes heures, ta vie, ton corps, ta joie et tes espoirs. Les nôtres aussi.

Qu'as-tu donc fait au sort, au ciel et anx anges pour mériter une telle peine? Depuis l'enfance, tu as offert ton temps, ta patience, tes bras. Tu as sacrifié ta jeunesse, ton insouciance et ton âme pour donner de l'amour à ta famille, à notre lignée, encore et encore, toujours, toujours plus, cimentant la tendresse folle et démesurée que je ressens pour toi depuis mon premier jour. Pourquoi, alors, dois-tu souffrir, tandis que certains monstres s'éteignent avec une douceur qu'ils ne méritent pas?

Pourtant, malgré le venin desS cancerS qui s'accumulent dans tes cellules, tu restes cette femme forte, belle et souriante que je ne serai jamais. Tu es plus courageuse que moi face à tout cela, moi et mon estomac qui se dévore lui-même, et mes yeux qui ne savent plus se fermer de jour comme de nuit tant ils contiennent de larmes à l'idée que tu ne seras plus éternelle.

Tu es mon modèle, une part de moi considérable, essentielle, je ne suis pas prête à t'imaginer partir avec des ailes...

 

A.D., Malakoff, le 24/2/2016.