fruit-lips-Je ne veux pas y aller. Je ne veux pas y aller demain. Je ne veux pas aller travailler et le voir. Je ne veux pas arriver au boulot et le voir. Pourtant, je ne pense qu'à ça ; le revoir. Mon être, aimanté par sa présence, par son regard qui appuie le bouton "on" de mon shaker instestinal et presse mon coeur comme un agrume dès que mes yeux s'électrisent face à ses prunelles couleur de noix, mon être refuse et réclame sa présence. Je les voudrais toutes à moi, ces deux lèvres petites, étroites, boudeuses, collées à ma bouche par le nectar d'une glande parotide, fondues dans ma pulpe, bues et dévorées tout à la fois. Je rêve de me blottir sous cette chemise claire et déboutonnée, je rêve de devenir son seul vêtement de la nuit, emprisonnant de mes bras ce corps chaud qui me soufflerait à l'oreille des mots d'amour et de poète, des histoires d'auteurs, des phrases sans queue ni tête, tiraillant mon coeur, troublant ma tête. Juste l'âme d'un homme dans ma vie. Juste un parfum de phéromones au sein de mon lit. Ne se détacher l'un de l'autre, ne sortir du rectangle aux rêves que pour lire et écrire. Puis se retrouver, s'unir, aussi naturellement, essentiellement, que la plume se précipite sur la papier, faisant couler l'encre du plaisir.

Pourtant... Si l'aimant attire, il repousse plus violemment encore. Les signaux sont pipés. Une flamme dans l'oeil, deux incisives mordant une lèvre, un estomac aux airs d'ascenseur fou qui se cogne au plafond du coeur pour se jeter en un dixième de seconde dans les profondeurs du ventre, tout cela ne veut rien dire. Tout cela ne signifie plus que l'on plaît ou que quoi que ce soit pourrait se passer. Au XXIème siècle, le jeu est d'allumer les chandelles sans s'en brûler les ailes. Faire souffrir est visiblement devenu plus intéressant que faire jouir.